La terre des bisons – Rawdon

Terre des bisons - Rawdon

Terre des bisons - Rawdon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bisons, une affaire de famille

Par Marie-Hélène Paradis

Respect…drôle de mot pour débuter un article sur l’élevage de bisons me direz-vous. Eh bien non, c’est exactement le terme qu’il faut pour décrire le genre de vie que mènent les habitants de « La terre des bisons ». « Nous élevons nos bêtes de la façon la plus naturelle possible, sans antibiotique en prévention, avec du foin que l’on produit nous-mêmes sans herbicide ni pesticide et ils vivent dehors à l’année. », nous a confié Josée Toupin, la copropriétaire avec son mari Alain Demontigny de « La terre des bisons ». Quand on lui pose la question à la mode sur la certification bio, elle nous répond du tac au tac : « S’il y a des besoins de certification officielle, c’est qu’il y a eu dans le passé des gens qui ont fait des folies en agriculture, qui ont exagéré. Je ne crois pas sincèrement que chercher la fameuse certification changerait grand-chose à notre production. Nous faisons vraiment attention à ce que nos animaux soient en santé et ce, le plus naturellement. S’il y a un bison malade, nous lui donnerons des antibiotiques si c’est ce qu’il faut, mais jamais au grand jamais nous n’en donnerons en prévention. Nous respectons le cycle naturel de la vie des animaux. Nos clients reviennent et sont satisfaits, pour nous c’est le signe que notre viande est bonne et que nous faisons bien notre travail ».

 

La terre des bisons

La terre des bisons - La famille Toupin et Demontighy

 

Revenons … à nos bisons.

Une jeune fille de 15 ans déménage dans le quartier Villeray à Montréal en face de la maison de celui qui deviendra plus tard son mari. Une belle histoire d’amour et de passion débute ainsi. Les parents des deux amoureux font le va-et-vient toutes les fins de semaine entre la ville et le chalet. Josée est pleine d’admiration pour sa mère qui entretient ses deux résidences et prend soin de tout son monde. C’est beaucoup de boulot! Elle décide déjà que pour elle ce sera la ville OU la campagne.

Alain quant à lui est un gars qui aime beaucoup la nature. Quand vient le temps de s’installer dans une maison, les parents de Josée leur offrent de se construire sur un terrain tout près du chalet familial. Voilà la question est résolue.

Le début de l’aventure

La ferme d’à côté est à vendre. Une offre d’achat est retenue, mais les acheteurs veulent en faire un « pit » de sable. Heureusement pour Josée et Alain la municipalité n’a jamais délivré le permis d’exploitation, l’offre est donc tombée. Alain, qui a toujours envie de mieux s’installer à la campagne, trouve qu’une terre est un aussi bon placement que des REER et c’est comme ça que l’aventure commence en 1992. La maison et les bâtiments sont dans un piteux état, la ferme de 400 acres est presque abandonnée, mais rien de décourage Josée et Alain, ils se mettent à la réno.

« En 1994, nous sommes rendus à nous poser des questions sur le genre d’exploitation que l’on pourrait faire, qui pourrait nous procurer une bonne qualité de viande. Comme nous travaillons toujours en ville, il est important qu’on ait des animaux qui ne demandent pas trop d’entretien. C’est là que les bisons entrent en compte. Les bisons ne demandent pas de traite 2 fois par jour et on les nourrit une à deux fois semaine. Ce sont des animaux qui sont habitués à se débrouiller et à gérer leur nourriture. Pendant ces premières années, nous avons fait rouler la ferme, donner naissance à trois enfants, pris des cours pour nous qualifier et améliorer notre production tout en travaillant en ville», nous raconte Josée.

« Nous n’avions pas vraiment réfléchi à la commercialisation de la viande produite par notre troupeau. Ce sont les clients qui nous ont poussés à y réfléchir. Nous sommes quand même à 10 km de Rawdon et à une heure de Montréal et les clients venaient déjà chercher leur viande. Nous avons donc décidé d’acheter des quartiers de viande en surplus et avons ensuite ajouter des bêtes à notre troupeau pour mieux fournir à la demande. Nous avons ouvert un kiosque de vente  de mai à octobre et fabriquer des produits à base bison pour faciliter la vie aux consommateurs et augmenter la variété de produits vendus».

 La relève

La relève pour les fermes est souvent difficile à trouver, mais la famille Toupin/Demontigny fait exception. Leur fils Jean-Philippe termine tout juste  ses études en gestion et exploitation d’entreprises agricoles et se joint à ses parents pour la suite. D’ailleurs son arrivée a suscité la venue du wapiti sur la ferme familiale, un nouveau venu qui fera certainement le bonheur des consommateurs. Julie, l’aînée a, quant à elle, étudié en communication et met ses talents à profit pour La terre des bisons. Le benjamin Gabriel est lui aussi très impliqué sur la terre, il fait déjà beaucoup de travaux d’entretien pour aider.

« On ne savait pas trop ce qu’on faisait quand on a acheté, mais jamais nous n’avons regretté. C’est une vie enrichissante comme on la voulait,  même si c’est un travail exigeant. Il faut savoir tout faire : la gestion, la comptabilité, la mécanique, l’agrotourisme et le développement des produits. Si c’était facile l’élevage, il y aurait probablement beaucoup de gens qui feraient ce métier », a conclu Josée.

La terre des bisons fête cette année son 20e anniversaire. Plusieurs activités sont organisées pour célébrer. Allez sur leur site internet pour compléter vos informations.

http://www.terredesbisons.com/

Crédit photo: Photo ArtDeqo

Photo famille Toupin Demontigny, donnée à la rédaction par Mme Toupin