Bonsaï

Bonsaï

 

Êtes-vous bonsaï ?

Par Marie-Hélène Paradis

On peut aimer ou non, être passionné ou non, mais chose certaine c’est qu’on ne peut qu’admirer la patience et l’expertise que cela demande. Les bonsaïs, très à la mode il y a quelques années, se vendaient un peu partout dans les grandes surfaces ou même dans les supermarchés, il y a sûrement eu excès. Plusieurs d’entre nous ont essayé de cultiver des bonsaïs, mais sans beaucoup de succès. La venue au Québec de ces spécimens nous a toutefois permis d’apprivoiser cette technique asiatique. Certains d’entre nous ont par la suite développé une passion pour cet art. Les regroupements et associations qui ont pour objectif d’encadrer, de former et de faire connaître la culture des arbres miniatures en témoignent. Que l’on soit expert, amateur ou qu’on aime simplement contempler la beauté de ces créations, il y a plusieurs endroits que l’on peut visiter pour assouvir notre curiosité.

Un des plus beaux sites pour admirer ces arbres miniatures est certainement le Jardin botanique de Montréal. Il possède 5 collections et offre la plus grande variété d’arbres nains hors de l’Asie. Le Jardin botanique prodigue une multitude d’activités qui vont de la visite guidée à un cours pour débutant ou à un atelier pour expert.

http://www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/vedettes/bonsai/bonsai.htm

Il y a aussi quelques endroits spécialisés dans le bonsaï. Un de ceux-là se situe à Rawdon. Bonsaï Gros bec est une pépinière qui ne fait que dans la culture de bonsaï. Ses produits sont en vente dans leur boutique et dans d’autres commerces dans la région de Montréal. Il est important si on veut faire l’essai d’aller voir des experts et même peut-être de suivre une formation de base pour profiter pleinement de votre acquisition. Si vous n’êtes pas certains d’avoir le désir de vous mettre à la culture de bonsaïs, vous pouvez vous rincer l’œil au Centre d’interprétation et visitez le jardin japonais.

http://www.bonsaigrosbec.com/

http://www.bonsaiquebec.com

Pourquoi les bonsaïs restent-ils petits?

Les bonsaïs ne sont pas génétiquement des arbres miniatures. Dans leur milieu naturel, ces végétaux atteignent parfois un développement important.
 Les premiers bonsaïs étaient prélevés dans les montagnes. Ils avaient été modelés, au fil des ans, par des conditions climatiques extrêmes et par un environnement rude.
 Les bonsaïs cultivés aujourd’hui sont des plantes modifiées par l’homme. Ils sont maintenus petits par des tailles répétées des racines et des branches et par le pinçage fréquent des nouvelles pousses.

Les bonsaïs sont de véritables sculptures vivantes puisque cela consiste non seulement à garder les arbres miniatures, mais également à leur donner des formes artistiques.

Mais sachez que…

Bonsaï est un mot qui vient du japonais et qui signifie planter, prendre soin de plante dans un pot ou encore paysage en pot. En chinois penjing veut dire un arbre ou une plante avec un rocher cultivée dans un pot. Alors voilà pour l’origine, mais depuis quand ça existe me direz-vous? D’après Wikipédia, la culture des plantes dans des pots a débuté en Égypte il y a environ quatre mille ans, essentiellement pour des raisons pratiques, d’utilité et de mobilité. Les Grecs, Babyloniens, Perses et Indiens en copièrent la technique. Les Chinois furent les premiers à cultiver des arbres dans des pots dans un but esthétique, à l’ère de la dynastie des Han (-206-220). À cette époque, on ne parlait pas encore de bonsaï, mais de pengjing. Peu après, sous la dynastie Qin (220-581) apparurent les penzais (arbre unique dans une coupe). Aujourd’hui, en Chine, la tradition des pengjing se perpétue, avec plus d’ardeur que celle des bonsaïs.

Pour preuve de l’existence de cet art à cette époque, en 1971, des archéologues ont découvert dans la tombe du prince Zhang Huai, décédé en 705 sous la dynastie Tang (618 à 907), une fresque peinte sur les parois de sa tombe. Elle représente deux valets portant, l’un un paysage en miniature, et l’autre un vase en forme de lotus, contenant un arbre avec des feuilles vertes et des fruits rouges.

À la fin du siècle du xie siècle, l’événement de l’entrée du bouddhisme zen au Japon est marquant. Des influences venues de Chine apparurent au Japon imprégnant principalement la haute société. Durant la période de Kamakura (1192 à 1333) les Bonsaïs étaient affiliés à des collections d’art. Ils étaient signe de grandeur pour les seigneurs de l’époque. Objets de luxe, ils évoquaient bien un nouvel état d’être dont le raffinement était poussé à l’extrême.

Depuis les tout débuts, les bonsaïs sont associés aux classes dominantes. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, et ce, même au Japon et en Chine. Ils font plutôt partie des traditions et font l’objet d’un commerce très florissant.

Les japonais ne sont plus les seuls à les cultiver, cet art ancestral s’est rependu jusqu’en Amérique.

 « L’homme est un bonsaï qui se prend pour un arbre »

Philippe Le Roy, La dernière arme.