Laurent Blanchard

*** Ce texte a été publié en 2002, au temps où j’étais encore éditeur du Journal l’Édition, aujourd’hui nommé : Nouvelle Édition. Je vous présente cet écrit afin de vous faire connaître ce personnage qui depuis quelque temps prend de plus en plus de place dans l’actualité quotidienne montréalaise. Si dans l’Est de Montréal l’homme est connu, il l’est un peu moins ailleurs.  J’espère donc que ce texte vous permettra d’en apprendre un peu plus à son sujet.

( photo Journal Métro)

Gérard Therrien

Photo Journal Métro

Laurent Blanchard

Laurent Blanchard, 50 ans (aujourd’hui 61 ans).

Directeur général de la CDEST jusqu’en juin 2002.

Fils d’éditeur, homme d’idées, homme de visions et bientôt peut-être homme de plume.

Par Gérard Therrien

 

 

 

MOTS D’EST

 

1951 : Naissance 25 novembre

1970 :Premier voyage en Europe

1976 : Entrée en poste aux Nouvelles de l’Est

1984 : Naissance de Renaud

1987 : Des Nouvelles de l’Est à Télémédia

1991 : Décès de son père

1991 : Entrée en poste à l’Hôtel de Ville de Mtl

1991 : Naissance d’Adam

1995 : Arrivée à la CDEST

« La plus belle c’est Morgan, une rue qui rappelle le faste, le lustre passé de la Cité de Maisonneuve », me lance-t-il sans une seconde d’hésitation. « Oui…oui, c’est la plus belle ! »

Certains le disent singulier alors que d’autres lui accordent une belle vivacité intellectuelle ; à la fois aimé et détesté, l’homme n’en a cure. Bien reçu chez les gens de lettres, il en va autrement chez les gens d’affaires où il dérange, détonne, froisse un peu. Est-ce là le fait de sa physionomie qui nous rappelle le personnage issu à la fois du roman rocambolesque et de celui plus prosateur d’un Proust ? Est-ce en raison de son implication au niveau sociétal ? Allez savoir, l’énergumène maîtrise le verbe tantôt comme un Cyrano, tantôt de façon aussi tranchante que le fil de l’épée d’un Pardaillan pourfendant au nom de l’exclu ! Que penser du personnage ?

Un homme de rôle aimant retenir l’intérêt. Un comédien ? Un homme à la recherche d’un nouveau défi parce que celui qu’il s’était fixé, il y a quelque sept ans, lors de son arrivée à la corporation de développement économique communautaire d’Hochelaga-Maisonneuve/Mercier (CDEST) à titre de directeur général est dépassé ? Un homme heureux devenu un peu triste, un homme un peu las ou simplement un homme qui refuse le sempiternel bilan de la prime cinquantaine ? Que de questions ! Tel l’anguille il se fait insaisissable, il n’y a que lui pour savoir !

Homme à le devenir

« J’adore la rue Adam parce qu’elle est vivante, grouillante d’enfants qui s’amusent… »

Rue Cadillac, un vingt-cinq novembre de l’année 1951 naissait Laurent Blanchard. Il a toujours vécu à Montréal. « J’ai toujours été dans l’Est de Montréal, je suis un aborigène de troisième génération » se plaît-il à dire. C’est à l’âge de dix ans qu’il quittera Mercier-Ouest pour emménager dans le duplex petit-bourgeois dont ses parents viennent de se faire acquéreurs rue Lebrun. Le frère de Louise, journaliste au Journal de Montréal signant sous la rubrique cinéma, et de Lorraine, professeur de musique, a toujours été parmi les premiers de classe : « Je n’avais pas de mérite, j’étais un premier de classe génétique », lâche-t-il à la blague, merci papa ! merci maman ! « Parce qu’en ce temps-là, à l’école, ce qui comptait c’était la faculté mnémonique et j’avais une excellente mémoire, je retenais très bien les choses. Donc j’étais premier de classe par habitude, non par conviction ! »

Une enfance pareille aux autres, rien de particulier : deux sœurs, fils de famille de petite bourgeoisie de l’Est, préférant la lecture d’un Tintin à n’importe quoi. « C’était sous forme d’hebdomadaire que les histoires de Tintin étaient publiées dans ce temps-là, de même que Spirou, Pilote. » Il avoue ne pas avoir été attiré dans son adolescence par les traditionnels Sartre, Aymé et compagnie, « La Peste de Camus, j’ai dû m’y reprendre à trois fois avant d’en venir à bout. » Jeune, déjà, la marge se creusait, « Je préférais les lectures iconoclastes, satiriques, je n’étais pas très porté vers les classiques. »

À dix-sept ans, cheveux bruns à quelques centimètres des épaules, au temps des beatniks, puis du Peace and love, la jeunesse se croyant unique, refaisait le monde, Laurent n’était pas différent : « Avec ma guitare, je sévissais à titre d’auteur-compositeur le weekend dans les boîtes à chansons situées en sous-sol d’église. Nous changions le monde en paroles et la parole d’un Laurent Blanchard était tout aussi importante à mes yeux que celle d’un Dylan, Lennon ou d’un Donovan. La paix, l’amour, les feux de camp, je me rendais sur le pouce jusqu’à Percé la guitare sèche sur le dos rejoindre les amis à la Maison du pêcheur, c’était la période des Plume Latraverse et Tex Lecor, c’était le temps de la parole comme expression de la volonté. »

Drop-out, en 1971 il abandonne ses cours, il y reviendra quelques années plus tard pour continuer ses classes en Administration. Parvenu à vingt-deux ans, il troque son Levi’s et ses souliers de suède pour un costume de ville, une nouvelle dimension s’ouvre à lui : il se fait représentant. Cinéphile prospecteur, preneur de commande, il propose des films aux ciné-clubs des universités et des cégeps partout au Québec. Ce n’est que trois ans plus tard, à l’âge de vingt-cinq ans qu’il acceptera de travailler pour son père devenu depuis 1975 éditeur d’un journal local dans l’Est de Montréal appelé Les Nouvelles de l’Est. « On peut dire que c’est là que ma carrière professionnelle a vraiment commencé. »

Homme d’idées

« Je me souviens de la rue Cadillac quand j’étais petit et que je regardais les chars allégoriques monter la côte pour se rendre au Jardin botanique afin de se faire une beauté pour la grande parade de la Saint-Jean-Baptiste, maudit que c’était beau ! »

Sa verve et son verbe lui viennent de son père qui lui-même tâtait de la plume : « Pour moi l’écriture c’est génétique. Mon père a fait ses débuts à la Tribune de Sherbrooke et au Sherbrooke Herald en 1947. Il faisait ce que l’on appelait à l’époque de l’advertising , cela comprenait de la chronique, du publi-reportage, du travail rédactionnel, de la publicité. » Lors de notre conversation, un sourire malicieux glisse sur notre entretien, il me lance comme cela « Eh que c’était beau dans ce temps-là, je me rappelle avoir lu un texte : Hier était journée de funérailles en la paroisse Très-Saint-Nom-de- Jésus, l’activité se tenait en l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, les principales personnalités de la paroisse y étaient présentes et Mademoiselle Thibaut y touchait l’orgue. Superbe ! Quelle écriture, c’est suranné, c’est beau… J’ai toujours écrit, en fait ma plume n’a pas d’âge, quand tu as dix-sept ans et que tu écris c’est tout aussi sérieux pour toi que quand tu écris au plan professionnel et que tu es journaliste aux Nouvelles de l’Est. »

Depuis ce jour où lui et sa sœur Louise sont entrés au service de leur père aux Nouvelles de l’Est, Laurent a toujours été au centre de l’activité de sa collectivité. Homme de contenant ou homme de contenu ? « Je pense que je faisais du contenu, dans la mesure où j’avais déjà, à l’époque, pris conscience qu’un journal local peut difficilement être unanimiste dans la mesure où rares sont les thèmes qui touchent l’ensemble des membres d’une communauté. Dans un journal local, on doit parler d’une série de petits événements qui façonnent la vie quotidienne ou hebdomadaire d’une collectivité, il faut savoir doser, mettre un peu de communautaire, un peu d’économique, un peu de sport. Bref, tout est affaire d’équilibre entre les composantes locales. »

Quelques années plus tard, il s’associera à son père. Lui, le 49 % se tape le travail, le père, majoritaire, s’occupe des relations publiques sur les verts de la région montréalaise. En 1987, ils vendent le journal aux Hebdos Télémédia qui se portent acquéreur des journaux de Jacques Francoeur et de quelques autres indépendants sur l’île de Montréal. Il restera avec les nouveaux propriétaires pendant un an, un job trop terre-à-terre à son goût où il s’occupera des ventes de publicité nationales et se fera gardien d’un rédactionnel minimal par journal. Il quittera pour un travail « full cool, à mon image et à ma ressemblance, le Festival international de jazz de Montréal. » dit-il.

Pendant ce temps, son père décède en 1991. L’épitaphe que le fils fera écrire sur la dalle tumulaire se lira comme suit : L’esprit ne meurt jamais. Et il en avait. Il restera trois ans au service du Festival international de jazz de Montréal. « J’ai quitté parce que c’était des contrats à raison de six mois par année, il fallait bien vivre et mon amie Ginette L’Heureux m’avait offert un travail à l’Hôtel de ville de Montréal à titre d’attaché politique aux relations internationales.

Je me sentais comme le maître du monde tous les matins. » J’ai compris, car il en parle avec une certaine nostalgie dans la voix, que ce travail en est un parmi ceux qu’il a le plus appréciés. « Je me souviens en entrant à la maison le soir, Renaud mon fils, maintenant âgé de dix-huit ans, me demandait : papa, qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? Là, je sortais la mappemonde et je lui disais : aujourd’hui, j’ai écrit une lettre au maire de Lyon, j’ai parlé avec une collègue qui travaille à la mairie de Lima et là de lui expliquer que la France est ici et que Lyon a la même population que Montréal, et puis qu’il y avait l’Asie, le continent jaune… » Il quittera l’Hôtel de ville en même temps que le maire Doré défait par Pierre Bourque en novembre 1994.

Période cédestienne

« Une autre rue qui me plaît bien, c’est la petite rue Mousseau avec l’école La Vérendrye, c’est là que j’ai fait mon primaire, je jouais au ballon chasseur dans la cour, c’était le bon temps, celui qui n’était pas encore le temps de la vraie vie… »

Le conjoint de Claudine Brais – qu’il a rencontrée du temps des Nouvelles de l’Est et qui est la mère de son plus jeune fils de dix ans, Adam – se tourne les pouces. Quatre mois qu’il a laissé couler depuis qu’il a quitté l’Hôtel de ville de Montréal. Quatre mois à tailler ses crayons. Un matin, le lourd silence est déchiré par la sonnerie du téléphone, c’est un ami qui l’informe que la CDEST est à la recherche d’un directeur général. « La quoi ? » demande-t-il.  Quand il a quitté les Nouvelles de l’Est c’était à l’époque du PAR H.M. du temps de Gaétan Desrosiers, la CDEST n’existait pas à cette période-là. Après s’être fait expliquer l’organisme, il décide de poser sa candidature.

Pourquoi avoir accepté l’emploi ? « Parce qu’au départ cela me semblait être au fond une variante du journal local, c’est d’ailleurs pourquoi cela m’a intéressé et c’est aussi pourquoi ma candidature a été retenue, c’est qu’au fond j’étais une ressource locale et la CDEST, déjà, faisait dans le communautaire et dans l’employabilité et un peu dans l’économique, la même clientèle que les lecteurs du journal. Au fond je voyais la CDEST un peu comme un autre outil au service de la collectivité, différent du journal, mais où les acteurs étaient les mêmes que ceux que j’avais quittés en 1987. »

De quinze employés à son arrivée, l’organisme emploiera jusqu’à une quarantaine de personnes en période de pointe. La CDEST s’occupe d’un territoire d’à peine dix kilomètres carrés où s’agglutinent près de 125 000 personnes : « La CDEST est une corporation de développement économique communautaire où on est payés pour dépenser, investir et soutenir une multitude de projets liés au développement local. »

« Je dirais que la CDEST est une merveilleuse conjonction entre les idées d’une communauté et les moyens pour les réaliser. Et ce qu’il y a d’unique dans cette shop-là, c’est la capacité que tu as d’agir sur une idée. D’après moi, il n’y a pas grand-chose qui peut se passer sur le territoire sans passer par chez nous. Et à la limite, s’il se passe quelque chose sur le territoire sans que j’en sois au courant, cela veut dire que je n’ai pas fait ma job. »

Il quittera son poste à la prochaine assemblée générale en juin prochain. A-t-il l’impression d’avoir laissé quelque chose en héritage ? « Ce dont je suis particulièrement fier c’est de la place incontournable que la CDEST occupe sur son territoire et que la chose soit reconnue par les pairs. » Voilà la version publiable, j’ai dû traduire un peu cette dernière sentence, car il m’avait crûment répondu : « … il faut savoir pisser sur son territoire. » Du Blanchard à son meilleur !

Période post-cédestienne

« Il y a également la rue Bourbonnière au temps des Fêtes, toujours richement décorée à cette période. »

Pourquoi laisser la CDEST ? « J’ai besoin de me désintoxiquer, je pense que j’ai besoin de me refaire une tête sur ce que je pense, sur ce que j’ai le goût de faire après. On peut se désintoxiquer de certaines tâches inhérentes à nos fonctions, mais quand on habite sur la rue Dézéry et qu’on a toujours vécu dans l’Est de Montréal, on ne se désintoxique pas de l’Est : je vais passer trois jours à la campagne et je suis en manque d’asphalte… Il est évident que je vais continuer à m’intéresser à l’Est; le plus beau compliment que l’on m’ait fait a été celui de Gérald Larose quand il m’a présenté à ses étudiants et qu’il leur a dit : je vous présente un vieux militant de l’Est. Cela résume le chansonnier de 17 ans, le jeune journaliste de 25, l’éditeur de 30 et le directeur de 45; il y a comme une continuité de l’engagement vis-à-vis l’Est de Montréal. Je veux, je souhaite que cela continue à se faire, mais je ne peux être certain de la façon dont cela se fera. »

Pour « un aborigène de troisième génération », je lui demande quels étaient selon lui les problèmes de l’Est de Montréal ?  « L’Est a été le berceau industriel du Canada et c’est comme si on souffrait d’avoir développé avant les autres. Les riches marchands sont venus à cause du port, quand ils avaient besoin de nous,nous étions les meilleurs, aujourd’hui il sont partis, la vie a fait de nous un kleenex historique jetable. »

Oublions le passé, parlons d’avenir, donne-moi plutôt tes pistes de développement, lui ai-je demandé : « Le principal problème est de s’entendre sur ce qu’est l’Est. On a vécu trop longtemps le fait que nous étions un territoire morcelé entre des petites municipalités. Nous devons faire notre unité sur un sentiment commun. Il faut également s’entendre sur les limites territoriales de la région. Moi je vois l’Est quand tu arrives à Montréal avec une vue magnifique en provenance de la Rive Sud par le pont Jacques Cartier. On peut raffiner la chose, mais fondamentalement, le soir à la brunante, mon Est à moi est à droite du pont Jacques Cartier. Au sud le fleuve, au nord la rivière des prairies, c’est ça mon Est.

Un autre problème de l’Est est son manque de concertation. Trop de royaumes! Les intervenants de l’Est, et j’en suis, me semblent se comporter davantage en roitelets d’un territoire qu’en personnes soucieuses de partager un territoire commun. On a besoin de concertation et pour ce faire il faut se trouver des dossiers communs tels le transport, la rue Notre-Dame, le récréotourisme, pour ne citer que ceux-là. »

« Mes solutions pour l’Est, c’est qu’il y ait une vision commune de la part des différents intervenants et que la population, par voie de conséquence, se rende compte que nous habitons un Est qui est fragilisé politiquement et qu’il faut une voix commune pour que l’on puisse avoir une chance égale face aux autres parties de l’île. Parce que l’Ouest, au cours des ans, s’est doté de quelques outils collectifs qui dépassent largement les nôtres. Tant mieux pour eux, par contre je ne voudrais pas que cela devienne tant pis pour nous, c’est cela qu’il faut changer et cela passe par la prise en charge, on n’en sort pas. »

Et demain…

« La rue Notre-Dame que je changerais. Je lui demanderais d’assumer son destin d’être une rue de transit entre la fonction industrielle qui a créé Montréal et la fonction résidentielle qui en a découlé… »

« Il est préférable de choisir sa pause avant que celle-ci ne vous soit imposée » a été une phrase que j’ai sentie toute préparée qu’il a laissé tomber en cours d’entrevue. Doit-on en conclure qu’on ne voulait pas le reconduire dans ses tâches ? « Non, pas du tout. Mon objectif, à l’instant où l’on se parle, ce n’est pas de gérer de nouveaux employés, mais de m’inventer de nouveaux défis. Remarque, si quelqu’un me disait : Laurent je te donne 100 000 $ et invente-moi une idée pour l’Est, cela me tenterait. Si quelqu’un me disait : Laurent, veux-tu t’occuper d’un Centre de développement pour entreprises, oui, cela pourrait m’intéresser, mais j’ai besoin de réfléchir… »

Ils sont nombreux à lui prêter des intentions politiques : « J’ai toujours fait dans le politique, jamais dans la politique. » D’autres croient qu’il a la direction d’un Pro-Est dans sa mire. « Non. Je n’ai rien d’arrêté, je pense parfois à ma réputation de belle plume que l’on m’accorde, je ne m’en suis jamais servi à des fins de fiction, ça c’est un défi que je me donne. J’espère que ma plume se libérera des contraintes professionnelles et que je pourrai écrire, mais quand, je ne sais pas. Je veux décanter, réfléchir quelque temps. »

Souvent, vous et moi avons un café à la main lors de nos périodes d’intenses réflexions, mais pas lui, « Ma religion me l’interdit », vous lancera-t-il à la blague, car il n’a jamais bu de café; je l’imagine assis au vivoir de sa résidence de la rue Dézéry, un verre de lait à la main, subodorant sur les tendances, jaugeant les besoins, rêvassant à son avenir. Je l’imagine tel un bédéiste, car on sait qu’il est un fan de la bande dessinée sous toutes ses formes, dessinant son personnage au travers des bulles que forment ses pensées, créant ses cases, passant d’une image à l’autre, se questionnant : où il sera à son meilleur. C’est ce que l’avenir nous dira parce que lui conclut en me disant : « Dans six mois, dans six ans je n’espère que ceci : être encore libre penseur et que ma capacité d’indignation soit toujours intacte, tout en souhaitant également quelque part oeuvrer à l’avancement de l’homme et sa fiancée. Mais fouille-moi où ? En cet instant, je n’en ai pas la moindre idée ! »