Monsieur 5600

Jacques Dupras, 5600 Hochelaga

Jacques Dupras, Monsieur 5600

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur 5600

 Par Marie-Hélène Paradis

En un matin pluvieux de septembre, je me rends avec mon photographe, à cette adresse dont j’entends parler depuis un bout de temps, le 5600 Hochelaga. J’arrive devant un immense complexe locatif de 700 000 pieds carrés qui a, il faut bien l’avouer, l’air d’un complexe locatif tout à fait normal. Au moment où s’ouvre la porte, j’entends déjà la voix de Jacques Dupras qui nous souhaite la bienvenue… et là s’arrête toute ressemblance avec les complexes locatifs que vous connaissez.

Jacques Dupras, connu par plusieurs sous le nom de Monsieur 5 600, est le gestionnaire responsable de cet immeuble depuis 2001. Homme de confiance des propriétaires, le Groupe Longpré, M. Dupras a bâti la réputation du 5 600.

« En 2001 j’ai été engagé pour faire quelque chose de mieux avec cet édifice, pour choisir des locataires de qualité et faire de cet édifice un incontournable de la location dans l’Est de Montréal », a confirmé Jacques Dupras. « C’est ma job de monter des immeubles et j’ai du plaisir à le faire. » Et croyez-moi, cette affirmation du gestionnaire se confirme aussitôt qu’on fait la tournée de l’édifice en sa compagnie.

Les propriétaires

Propriétaire depuis 1987, le Groupe Longpré n’est pas un nouveau venu dans le domaine immobilier. Le groupe a construit le Chaussegros-de-Léry, les condos Le Presqu’Île  et Le Maritime de Laval, le Palais de Justice de Longueuil, une aile de l’hôpital de la Cité de santé de Laval et la prison de St-Jérôme entre autres choses. Le Groupe Longpré fait aussi de la gestion d’un parc immobilier et d’immeubles comme celui du 5 600 Hochelaga.

Priorité, service à la clientèle

Au tout début de son mandat, Jacques Dupras a décidé que le complexe deviendrait une adresse reconnue pour sa vocation, mais aussi, et surtout pour la qualité de son service à la clientèle. Depuis 10 ans, beaucoup de transformations ont été faites. « En 1997, c’était un grand espace, sans mur, sans séparation. Les propriétaires ont alors décidé de monter des murs, de faire des espaces selon les besoins de ses nouveaux locataires. Cette même année, l’immeuble s’est vidé de ses locataires. Michelin, Ikea et Atlas ont quitté les lieux.  Des marchés aux puces et des théâtres y ont par la suite installé leurs entrepôts. Quand je suis arrivé en poste, j’ai recruté des entreprises et j’ai essayé de créer une dynamique, une synergie entre les locataires. Que l’on s’entraide, qu’on se complète les uns les autres ».

 « Par la suite, nous nous sommes munis de plusieurs pièces d’équipement de type nacelles, rampes d’accès et chariots élévateurs pour combler les besoins de plus en plus nombreux de nos clients », a ajouté M. Dupras.

« La popularité du 5 600 vient du fait qu’il y a toute une équipe qui s’implique à fond dans la gestion et le bien-être des clients ». L’équipe est composée du gestionnaire, Jacques Dupras, de son adjointe, d’un contremaître et de trois concierges qui sont sur place pour répondre aux besoins des entreprises locataires.

« Ce que les gens recherchent maintenant, quand ils veulent un local où s’installer, c’est du stationnement, une station de métro tout près et une gestion efficace, dans cet ordre. Et tout ça nous l’avons ! J’essaie aussi de comprendre les problématiques que mes locataires vivent. Si l’un d’entre eux a trop grand d’espace, je l’aide à louer cet espace pour rentabiliser sa location, par exemple. Il n’y a pas de problèmes au 5 600, seulement des solutions à trouver ».

Pour mieux comprendre ce que le gestionnaire veut dire, suivons-le dans une longue marche de 90 minutes à travers quelques-uns des différentes entreprises et commerces qui se sont installés chez lui. Pendant cette promenade des plus instructives, nous ne parcourrons que 30 % de l’immeuble!

Alors, allons-y !

D’un bon pas, Jacques Dupras nous guide dans un dédale de corridors dans lesquels une chatte perdrait ses petits. Nous sommes bien avisés de rester auprès de lui, car il y a danger de collision avec les « machines » de toutes sortes qui circulent et danger de déranger les travailleurs. D’abord, nous passons à travers les locaux de Lacombe transport, que tout le monde connaît de nom , et, qui occupe un grand espace au 5 600. Tout de suite, les employés de chez Lacombe, comme d’ailleurs tous ceux que nous croiserons pendant notre périple, saluent joyeusement le gestionnaire.

Il circule, entre et sort de chez ses locataires comme s’il était chez lui. En fait, il est chez lui. Il les connaît tous par leurs prénoms. « Je connais mon immeuble, mes locataires, leurs clients, leurs produits, leur entreprise, leur travail et je respecte leurs employés, c’est une partie du secret de notre réussite », affirme le gestionnaire. Nous allons ensuite voir les entrepôts de Avtec qui entrepose les affiches que nous verrons sur les autobus et dans le métro.  « La bâtisse est majoritairement sur un étage avec des plafonds de 35 pieds de haut sur 60 % de sa superficie. Le reste est à 25 pieds de hauteur. Pour l’entreposage et la fabrication, c’est idéal, car nous avons 50 pieds entre les colonnes », ajoute M. Dupras.

Les gouvernements provincial, fédéral et municipal ont tous pour une raison ou une autre des locaux dans l’immeuble, tout comme les différents théâtres, Nouveau monde, Rideau Vert, Bouches décousues, l’École nationale et la compagnie Jean Duceppe y ont un entrepôt. La troupe de chez Duceppe y fait même ses répétitions dans un petit studio. Le petit dernier à s’y installer est le studio Universcène. On me dit que plusieurs émissions de notre télé pourront être tournées dans ces locaux.

En route vers le garage, nous rencontrons le contremaître, Renaud. Quarante ans d’expérience dont 20 ans au 5 600, toutes les cartes de compétence requises, on dit de lui qu’il est né « entre deux studs » tellement il sait tout faire ! Après quelques blagues qui montrent bien l’atmosphère de travail détendu qui règne dans cet établissement, nous reprenons notre chemin et nous nous rendons dans le ring de boxe (eh oui, vous avez bien lu) du programme sport-étude du Collège Édouard-Monpetit. « Des jeunes très bien et polis qui s’entraînent sérieusement», nous dit Jacques Dupras.

Vingt pourcent de l’édifice est occupé par des commerces et une grande partie par Action  500 Montréal entreprise qui gère un local de paint ball et la piste de karting. Plusieurs de nos adolescents sont allés au moins une fois essayer le paint-ball à cet endroit!

Un secret bien gardé est certainement le travail de planification que fait le CHUM au 5 600. Les intervenants qui seront appelés à travailler dans les salles d’opération du nouveau CHUM, y simulent des interventions de toutes sortes pour bien planifier les salles d’opération, pour que tout soit à la bonne place efficacement, et ce, dans des pièces conformes à la réalité. Monsieur Dupras nous raconte une anecdote qui en dit long sur l’efficacité de son équipe. « Après avoir obtenu le contrat en soumissionnant pour la construction des maquettes grandeur réelle des salles d’opération, nous avons commencé tout de suite à faire le travail. Quelques jours plus tard, on nous téléphonait pour savoir combien de semaines ça prendrait pour faire le travail, mais… c’était déjà fini et bien fait ! Le client n’en est toujours pas revenu ».

Cette fourmilière grouille de toutes sortes d’activités plus différentes les unes des autres. Cela va d’un centre de repli pour les institutions qui peuvent venir et s’installer pour y travailler en quelques heures, à Julie Snyder qui y enregistre des émissions, à Garou et Marie-Élaine Thibert qui y tournent des clips, aux Grands ballets canadiens qui range costumes et décors, à la ville de Montréal qui remise les souffleuses à neige et les machines à nettoyer les rues, à des ateliers de construction de décors, d’ébénisterie, de soudure jusqu’à l’entreposage de pulpe pour serviettes hygiéniques. Je vous disais que c’est diversifié… On a l’impression d’avoir tout vu quand soudainement on découvre deux patinoires pour hockey cosom et la salle d’entraînement d’un professeur de trapèze des plus réputés au monde. Et oups ! soudainement des voies ferrées surprennent notre regard. Elles permettent à des wagons de transporter du matériel à l’intérieur pour mieux desservir les clients ! Le plus gros Bingo au Québec a lui aussi son pied à terre au 5 600. Les plus petits bureaux de l’immeuble logent des entreprises comme la Chambre de commerce de l’Est de l’Île de Montréal, des avocats, des ingénieurs, une imprimerie, des entreprises bio alimentaires, L’Anonyme, une agence de voyages, un bistro, des comptables, une massothérapeute, un psy et plus encore. Tout ce beau monde a accès à trois salles de conférence tout équipée et disponible gratuitement sur demande.

« Nous avons beaucoup de personnes et d’entreprises à servir, et c’est pour ça que j’aime mon travail par-dessus tout, déclare M. Dupras. Nous sommes impliqués dans l’Est de Montréal et essayons de rendre un peu de ce que nous recevons. Pour moi, m’impliquer fait partie de la vision que j’ai du service à la communauté. Nous sommes actifs dans différentes causes : L’Anonyme, le PITREM, la Maison Tangente sont pour nous des moyens de retourner à la société ce qu’elle nous donne ».

L’Homme

Jacques Dupras est ce qu’on peut appeler un homme de cœur avec un parcours professionnel pas banal. À 15 ans, il travaille à la boîte de nuit de son père et apprend à interagir avec le public et à travailler avec les gens. Il a étudié pour devenir programmeur informatique et se destine à exercer son métier quand son père devient malade et lui donne les clés du Club en lui disant soit tu fermes ou tu continues . Il a choisi de continuer et a triplé le chiffre d’affaires. Dans ce milieu, le succès n’est pas toujours bien vu par la concurrence et son Club passe au feu. Il est donc de retour à son métier, mais bifurque encore pour trouver sa voie. Il devient courtier en immeubles et débute ainsi une carrière bien remplie.

Comme moi vous avez compris, à la lecture de ce texte, que le 5 600 est un immeuble de location avec une vocation particulière. Sa gestion très proche de la clientèle, sa situation géographique et la souplesse de la grandeur des espaces de location en font un complexe de choix pour qui veut s’installer dans l’Est de l’île de Montréal.